Habiter contre la métropole, Conseil Nocturne, éditions de la Divergence, 2019.

Le Monde Diplomatique est bien un des seuls grands médias français à s’intéresser à l’expérience politique libertaire qui prends place dans le Roajava, en plein coeur du chaos syrien. Certains tendent pourtant des fils entre ces expériences lointaines et d’autres beaucoup plus proche de nous, comme à la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes, parcourant ainsi la planète en passant aussi par le Chiapas où aurait d’abord été écrit ce livre traduit de l’espagnol. Mais ces détours géographiques sont présentés avec un but commun : se battre contre une métropole qui s’étend indistinctement à tous les territoires dans une uniformisation dangereuse et au service de quelques-uns seulement. Un verbe aussi trivial qu’ « habiter » devient ainsi le prétexte à lutter pour l’autonomie de territoires à partir desquels construire d’autres mondes. Dans une métropole présentée comme omniprésente, niant « le droit à la ville » autant que le « retour à la terre », il y a pour les auteurs une urgence largement reprise par la société civile à constituer des enclaves lucides et en actions. Ici, l’anthropologue du « Faire » Tim Ingold bavarde avec le sous-commandant zapatiste Marcos autour d’une barricade de trottinettes électroniques tout droit sorties d’une « smart city » en panne. Une science-fiction toute proche ?