Madrid, les racines du 15-M, Jef Klak, avril 2016

 

En 2011, l’Espagne connaissait un mouvement impressionnant d’occupation des places de grandes et petites villes. En France, après les manifestations du 31 mars qui ont réunit plus d’un million de personnes dans les rues, un mouvement semble-t-il similaire est en train de naître, qui s’étend de jour en jour.

Jef Klak ressort du fin fond de l’internet un article initialement paru dans le feu mensuel Article 11, qui revient sur les avants et les après du mouvement du 15-M à Madrid.

Au-delà de l’étiquette des « indignés », l’article montre que la mobilisation espagnole n’est ni spontanée ni uniquement indignée. Elle avait ses précédents, mais à partir du 15 mai, elle a pris une tout autre envergure.

Comme le raconte l’article, ce qu’il pourrait être à retenir de cette vaste mobilisation collective dans l’espace public, ce sont les suites qui se prolongent aujourd’hui. Non pas l’émergence de Podemos en politique, mais la prise en main du Politique par les gens. De nombreuses coopératives se sont créées et « des coopératives d’achat et de production ; création de crèches, de cantines autogérées, d’ateliers divers, de points d’information aux sans-logis… »

Même si Madrid comptait déjà plusieurs squats avant le 15-M, les occupations n’étaient pas uniquement sur les places. Suite au 15-M, un vaste mouvement d’occupation de logements vides, d’ouverture de squats, de mobilisation contre les expulsions a vu le jour dans de nombreuses ville d’Espagne. Le mouvement squat qui pâtissait d’un entre-soi s’est ouvert par le mouvement.

Finalement, ce mouvement des places, comme certains l’appellent, est aussi un mouvement de réappropriation de la ville par ceux qui l’habitent contre ceux qui l’exploitent.

 

– La Puerta del Sol à Madrid a gagné en 2012 Le prix européen de l’espace public par le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone (CCCB)

 

Source photo : wikipedia, Puerta del Sol, le 13 octobre 2011