L’usage des formes, Cabanon Vertical, éditions Wildproject, 2018.

Depuis le temps qu’on parle de ces « jeunes » collectifs d’architectes et de leur apparentes « innovations », certains d’entre eux commencent à compter leur expérience en décennies. Mais pour nourrir une pratique toujours attachée avec bonheur à la rugosité de leurs terrains, il n’est jamais trop tard pour lever la tête et faire le point. Essayer, une fois loin du guidon, de poser quelques jalons critiques pour retracer son chemin, même si toute ligne apparente est faite d’une multitude de choix et de changements de cap. C’est ce que fait ici Cabanon Vertical, avec l’aide de regards complices comme celui de Joëlle Zask ou Angela Freres, et un travail photographique conséquent.

C’est donc avec plaisir que ce bel ouvrage vient combler la trop rare documentation sur ces « collectifs d’architectes » et augmenter une « culture des précédents » écrite par ses acteurs mêmes. Il évite habilement l’aspect « catalogue » d’une suite de présentations de projets, au profit d’une réflexion critique qui pourrait aussi bien irriguer les pratiques proches d’autres collectifs, jeunes ou moins jeunes. On notera une tentative « d’objectivation » à travers une suite de schémas simplifiés, donnant une suite de données précises que l’on a souvent tendance à négliger (chronologie et composition du groupe notamment). Il n’y manquerait que les témoignages d’autres membres que celui de ses fondateurs pour compléter un ouvrage déjà riche de contenus variés et soignés.

Image : Cabanon Vertical.