« Les espaces publics démocratiques à l’épreuve du terrorisme« , Carole Gayet-Viaud, Métropolitiques.eu, 20/11/2015.

Relecture utile, tristement d’actualité. On y apprend que les actes terroristes « se jouent des vertus et de la grandeur même des espaces démocratiques pour les requalifier en vulnérabilités. » Selon l’auteur, spécialiste du côtoiement civil dans l’écologie urbaine, ces vertus sont l’hospitalité inconditionnelle, le droit à circuler, à prendre place, la suspension des identités et surtout, cette belle notion appelée présomption de confiance.

« Non, on ne se méfie pas a priori des autres, lorsqu’on se déplace en ville. » Ce qu’on a a priori, c’est plutôt une confiance vitale en la coexistence, dans des espaces physiques, d’entités fondamentalement étrangères. Comme la présomption d’innocence dans la sphère judiciaire, cette confiance élémentaire, que d’aucuns voudraient transformer en « insouciance aveugle » culpabilisatrice, est une des bases constitutives de l’existence en commun.

« L’irruption de la malveillance ne doit pas nous faire mésestimer ou renier la valeur et le sens de cette présomption de bienveillance mutuelle, même si elle a été une condition de possibilité de son expression ». L’auteur invite alors à se méfier de la méfiance, du régime du soupçon qu’elle pourrait drainer, et de tout cet arsenal de « prévention situationnelle » à l’ostensibilité de plus en plus indécente. Veillons plutôt à continuer d’investir, en acte, cette précieuse confiance.

Image : Place Masséna, Carnaval de Nice en 1960, source Nice-Matin.