« Multitude : guerre et démocratie à l’époque de l’Empire. », Antonio Negri, Multitudes 4/2004 (no 18) , p. 107-117

Voilà plus de dix ans que Toni Negri nous parle de communs. Déjà, en 2004, avec Mickael Hard, il nous expliquait que le monde moderne serait «producteur de communs». Son ouvrage Multitude : guerre et démocratie à l’âge de l’Empire, commenté dans un entretien accordé au journal l’Humanité, semble vouloir poser que «l’organisation du travail a changé. Et nous nous demandons ce que signifie proposer la révolution dans ces conditions.» Alors que les manifestations contre la loi El Khomri se poursuivent, la question essentielle à se poser reste peut-être celle du rapport social au travail, plus que des conditions d’amélioration ou dégradations de son aliénation.

Toni Négri ré-expliquera quelques années plus tard l’actualité de son propos dans un article posté sur Médiapart en 2015,  : «« commun » comme principe qui anime soit l’activité collective des individus dans la construction de la richesse et de la vie, soit l’auto-gouvernement de ces activités.» Les différentes formes de mobilisations qui se développent aujourd’hui à travers la France posent en effet cette question : comment reconstruire notre société, et quelle forme lui donner. Et pour cela, il propose un concept : «La multitude est à nos yeux un concept susceptible de contribuer à la résurrection, à la réforme ou, plus exactement, à la réinvention de la gauche en nommant une forme d’organisation et un projet politiques.»